{ Lis Donc Ceci ! ; Ma fiction se passe dans un présent contemporain à celui que nous vivons en ce moment même, dans un contexte spatio-temporel. Les personnages mis en action sont : Le groupe ( Bill, Georg, Gustav & Tom ) , David Jost, Andréas, Franziska Schäfer, Simone Kaulitz, Victoria, cousine de l'héroïne, un personnage fictif qui me correspond et que j'idéalise, sous le nom de Louise . Soumis à Modifications ! Pour les connaisseurs, cette fic est à la fois une lime, une lemon (je sais, c'est assez contradictoire, mais c'est selon xD), Yaoi, Angst, et peut être même Deathfic, huhu... Le dernier chapitre mis en ligne est le #1, il date du 02.01.

{ Lis Donc Ceci ! ;     Ma fiction se passe dans un présent contemporain à celui que nous vivons en ce moment même, dans un contexte spatio-temporel. Les personnages mis en action sont : Le groupe ( Bill, Georg, Gustav & Tom ) , David Jost, Andréas, Franziska Schäfer, Simone Kaulitz, Victoria, cousine de l'héroïne, un personnage fictif qui me correspond et que j'idéalise, sous le nom de Louise . Soumis à Modifications ! Pour les connaisseurs, cette fic est à la fois une lime, une lemon (je sais, c'est assez contradictoire, mais c'est selon xD), Yaoi, Angst, et peut être même Deathfic, huhu... Le dernier chapitre mis en ligne est le #1, il date du 02.01.

# Posté le vendredi 02 janvier 2009 09:38

Modifié le vendredi 02 janvier 2009 18:02

{ Erstens ; Hé, Besoin d'aide ?

{ Erstens ;     Hé, Besoin d'aide ?
31 Décembre 2008. Cela faisait maintenant .. 7 mois, dirons nous, que j'avais mes places, gardées bien au chaud dans une pochette plastique glissée sous mon oreiller. Pas un soir n'échappait à la règle : une fois sous la couette, je contemplais ce bout de papier pendant de longues minutes, et me plaisait à imaginer tous les scénarios possibles et irréalisables qui allaient se produire ce fameux soir de la Saint - Silvestre. Pourtant, ce que je vécu cette nuit-là ne m'avait jamais - Oh! Grand Jamais - effleuré l'esprit. Qui l'aurait cru... Non, non, parmi mes rêves groupiistes, rien de tel ne s'était présenté. Et je ne cesse de me demander, chaque seconde que je passe dans ce rêve bien réel, si je mérite cette vie..

« Louuuuuuuuuuuuuuuuuu' ! Hiiiii !! ... Lou ? Louuuu ? Allô ? Hé, t'es là ? Bah, merde, le téléphone déconne. Lucas, kestafutü avec mon portable ?!!! » C'était mon hystérique de cousine. Victoria & moi, on partage la même passion depuis un peu plus de deux ans : toutes deux folles de la musique du groupe allemand le plus en vogue du moment. On a traversé des moments difficiles, moqueries et regard des autres, mais par-dessus tout, on continue à croire que cette découverte musicale est la plus belle chose qui nous soit arrivée. Tokio Hotel, ça nous a réellement rapproché. Et c'est tant mieux, parce que Vickie fait office de meilleure amie, dans ma petite existence. Je l'adore, vraiment, sauf quand elle me réveille un jour de vacances à 6h du matin.
« Nan, Vickie... Je... Je suis là, au bout du fil. Juste, comment dire... ENCORE ENDORMIE ! ».
Bafouillant de brèves excuses, Victoria me rappella le plus hystériquement possible que le Jour J était arrivé, et que j'étais encore en pyjama dans mon lit douillet. Ca y est, après 7 longs mois d'attente, nous y étions enfin. Ce soir, le groupe se produirait au zénith de ma région, pour le plus festif de leurs concerts jamais produits jusqu'ici ! Sitôt notre décision arrêtée, je sautai de mon lit, de bonne humeur, ce qui me surpris, dans un premier temps. Le but était d'arriver sur place dans une heure. Un délais que je m'engageai à respecter auprès de la groupie que j'avais au bout du fil, en la congédiant gentillement.
Une demi-heure après, j'étais changée, maquillée, coiffée, le ventre au tiers plein, en un mot : prête. Il me restait à rassembler mes affaires, et à 6h50 j'étais devant la maison de Victoria. Il nous restait alors à prendre un bus, à 50m de là. L'attente pour le concert était longue et rapide à la fois. Nous étions frigorifiées, et malgré les couvertures de survie, je ne sentais plus mes pieds. Heuresement, nous avons sympathisé avec des filles dans la file, et nous discutions même avec les vigiles allemands chargés de nous nourrir. Trois chocolats chauds et 7h plus tard, le soleil me chatouillait le bout du nez et mon seuil d'hystérie était atteint : je ne pensais qu'à une chose : entrer dans le zénith ! Patiemment, j'attendais jusqu'à 17h, alors qu'il faisait nuit et que les portes allaient s'ouvrir, enfin. Vickie & moi étions plutôt bien placées, j'estimais notre place dans la fosse au 2e rang. Ensuite, tout s'enchaina très vite. Un bras en compote et une mèche de cheveux en moins, le bilan était plus positif que prévu, et nous étions effectivement au deuxième rang, côté Tom, comme je le voulais.

Le concert s'est déroulé magnifiquement bien. Les garçons étaient très émouvants, je me sentai tellement à l'aise dans cette ambiance rockeuse et mouvementée. On a eu le droit aux feux d'artifices, aux spots "2009", et un magnifique tableau à la fin : les gars nous ont achevé leur concert sur un An Deiner Seite tout feu tout flamme, et aux derniers accords, à minuit pile, ils se sont retournés, alignés : Georg, Tom, Bill, Gustav. Les lumières s'éteignent, seule résonne la voix du chanteur qui nous annonce le compte à rebours. Les 10 000 personnes présentes dans le zénith enchainaient avec entrain : Zehn, Neun, Acht ... Zwei, Eins.. NUUUUULL ! Un projecteur braquait alors quatre chiffres sur chacun des dos des garçons : 2, 0, 0, 9. Bel effet, les deux zéros pour les deux jumeaux ! Puis on eu droit à un riff déchainé de Tom, appuyé par la basse de Georg, accompagnés tous deux par une entrée de Gustav impressionnante. Personne ne comprit ce qui se passa, mais lorsque Bill commença a chanter, je su qu'une nouvelle chanson résonnait dans le zénith, composée pour l'occasion, en exclusivité mondiale, devant moi ! C'était magnifique. Je me sentais chez moi. Bill a traversé la foule, entouré de 3 vigiles. Il sillonnait les 5 premiers rangs en long et en large, et s'assurait de voir tout le monde. J'attendais patiemment qu'il s'approche de Victoria et moi, me demandant s'il allait nous jeter un regard. Et par surprise, il s'arrêta devant nous, et me lança un regard froid. Son sourire se stoppa dès lors qu'il croisa mon regard, et son expression devient glaciale. J'eu l'impression qu'il me fixait, pendant 5 bonnes secondes, ce qui me parût une éternité. J'ouvris la bouche de façon béate, et versa une larme. A ce moment là, Bill changea de direction et retourna sur scène. Victoria n'avait pas remarqué grand chose et continuait de crier des "GEOOOOORG" haletants. J'eu du mal à me ressaisir, et me dit finalement que je me faisais un film et que rien de tel ne s'était produit.

Victoria était intenable, elle sautait partout, était tellement heureuse... Mais elle se rendit vite compte que quelque chose ne tournait pas rond chez moi. Elle eût la politesse de me demander ce qu'il se passait, mais n'écoutait pas la réponse, elle m'entrainait en courant vers la sortie des artistes. J'avais peur de voir Bill, si jamais nous arrivions à avoir un autographe - ce dont je doutais fort. Et s'il me reconnaissait ? Non, je délirais, je ne devais pas avoir bu ou mangé assez, je me faisais une montagne de souci sur quelque chose d'infondé. Voilà une heure maintenant que nous attendions, dans le froid, au milieu d'une quarantaine de filles toutes plus excitées que les autres. Je ne me sentais pas groupie à ce point, peut être très attirée par les garçons, c'est vrai, mais pas au point d'attendre toute une nuit pour un regard. Je privilégiais la musique, avant tout. Un vigile apparu, confiant aux adolescentes que les Tokio Hotel sortiraient par l'autre sortie. Victoria empoigna mon bras, mais je lui dit que je rentrerais seule avec la navette prévue ce soir là, qu'on se verrait le sur-lendemain, qu'elle y aille et me rammene un autographe. Quelque chose en moi me suppliait de ne pas se laisser entrainer vers l'autre sortie. Je décidai d'écouter cette petite voix intérieure et restait sur place, abandonnant ma cousine et les autres filles qui étaient déjà loin maintenant. En soupirant, je remarquai que je n'étais pas seule à être restée. Quelqu'un dont je ne distinguai que la forme accroupie semblait gelé par le froid devant la porte de sortie. Je ne l'avais pas remarqué avant, comme si elle s'était glissée ici en une fraction de seconde. La personne sanglotait, je voyais son corps trembler. Par gentillesse, je m'approchai en silence pour engager la conversation. Elle devait avoir mon âge je pense, ses bras nus étaient blancs et de longs cheveux noirs couvraient ses épaules. Je ne distinguai pas son visage, caché par une capuche appartenant à un joli tee-shirt manches courtes sombre. Osant une main sur son épaule, je lui dis : «Hé, besoin d'aide ?». Aucune réaction. Je tentai sans grande conviction un « Brauchst du Hilfe ?» . Pas de réponse, juste une main froide qui m'aggripa le bras et me le serra très fort, ce qui m'obligea à m'accroupir à côté de cette mystérieuse jeune fille, apparemment allemande. J'attendais une minute de plus en silence, ainsi, à même le sol. Le macadam me gelait les genoux, mais cette adolescente me préoccupait. J'osai un geste, délicatement, et me permis de passer deux doigts sur sa joue. Je sentis une larme, qui s'écrasa sur mon index. ,« Ca ne va pas ? Dis moi, parfois il est bon de se confier aux inconnus ». J'avais la chance d'être à quelques mots près bilingue, et n'eut pas de mal à me faire comprendre par cette jeune inconnue. Une voix assez grave me répondu : « Je t'attendais. » Mon sang se glaça. Cette voix, je la connaissais, et je n'en avais pas peur du tout, mais ce ton & des souvenirs lugubres surgirent. Mon Dieu. Etait-ce possible ? J'étais là, assise en silence à présent, sur du goudron froid, en pleine nuit, alors qu'il devait etre 02h30, un jour de l'An. Et il m'attendait, apparemment.

# Posté le vendredi 02 janvier 2009 09:32

Modifié le vendredi 02 janvier 2009 18:06

{ Zweitens ; Là où je vais, je fonce. Trop tard pour reculer.

{ Zweitens ;     Là où je vais, je fonce. Trop tard pour reculer.
Tout parru se décomposer autour de moi, le froid, les cris venant de l'autre côté du zénith, la lune qui luisait cette nuit-là, le doux voluté du vent glacial, les quelques étoiles au ciel et même le battement de mon coeur, tout, tout avait disparu. Plus rien ne me touchait, tout était vide et volupté. Je ne savais plus vraiment ce que je faisais là, un 1er janvier, je ne savais même plus si ces 7 derniers mois d'attente avaient été réels. Une voix, qui me semblait lointaine, me rappella à moi. « Je t'ai rêvée, tu sais. » Je me souvins. Il y avait cette jeune fille accroupie à mes côtés, qui sanglottait, non, ce n'était pas une fille, c'était.. Tout se bouscula dans mes pensées. Je délirais, forcément !

Après quelques secondes de silence, je constatai que Bill ouvrait la bouche dans l'espoir de continuer ses explications. Je n'en voulais pas ! Il m'avait rêvée. Oula, il devait s'être fait une cuite, venait ici pour décuver et ne savait plus ce qu'il disait. Je sentais en moins un mélange d'adrénaline et de peur, j'avais l'impression que Bill venait me déclarer je ne sais quelle flamme, alors qu'il était dans un état éthylique. Et moi qui en crevait pour son frère, qui était à l'origine de tous mes rêves olé-olé. « Je t'arrête tout de suite, je crois que tu as un peu trop d'alcool dans le sang, tu ne sais plus ce que tu dis. Tu ne me connais pas, tu ne peux pas avoir de sentiments pour la personne que je suis .» Le visage du jeune chanteur se fendit dans un rire sombre. Cette fois-ci, j'avais peur. « Mais qui parle de faible pour toi, là ? » Il marqua une pause courte, pendant lequel son visage, encore caché par sa capuche sombre, redevint pâle et inexpressif. « Je crois que nos destins sont liés. Tu as entendue une voix qui t'a prié de rester ici, abandonnait les autres filles qui souhaitaient nous voir. Et tu as bien fait. J'ai besoin de toi » Je pense qu'il remarqua que je n'étais pas à mon aise, et répondit à ma question sans même que je n'ai eu le temps de la poser : « Non, tu ne rêves pas. Je ne sais rien de toi, tu n'en sais pas plus de moi, mais tu m'es nécessaire comme je te suis utile. » « Je ne suis pas sûre de comprendre... Et il y a une faille dans ta théorie. Je sais absolument tout de toi, comme tout ce qui gravite autour de ton groupe, de ce qu'il y a dans ton lecteur Mp3 en été, jusqu'au nombre de tes mèches blondes en début d'année, en passant par la couleur de ton caleçon actuel et de ton sandwich préféré. Mais j'adme qu'on ne connait pas une personne par ce qu'il y a dans son assiette. » Et poussée par une force imaginaire, j'ajoutais sans même réfléchir : « Je suis partante. » «Tant mieux, et j'espère que t'es rapide, il va falloir courir
A partir de là, tout s'est acceleré. Je suivis le regard de Bill, qui s'était détourné du sol et qui pointait derrière nous. La foule des groupies arrivaient dans notre direction, plus déchainée que jamais. Bill m'entraina dans sa course, j'eus à peine le loisir de poser mes pieds au sol, que j'étais déjà sur les marches d'un bus sombre. Ah, le tour bus ! Depuis combien de temps rêvais-je d'y pénetrer ? Maintenant que c'était fait, je compris que ce que je vivais était bien réel. D'autant plus que, dans les rêves, on ne sentait pas la douleur. Et là, trébucher sur la dernière marche ne fut que révélateur, ma tête écrasée contre le sol, je sentais couler du sang sur ma nuque. Autant vous prévenir, je ne suis pas à l'aise avec le sang, ni sa vue ni son odeur, ni même l'évocation de ce liquide. En toute logique, je perdis connaissance.

Me voilà à présent allongée sur un canapé des plus confortables. Une compresse glacée sur ma nuque me rappella à moi. J'ouvrai les yeux et cherchait au tour de moi une explication, comme si ce qui venait de m'arriver était écrit sur les murs. Je me souvenais de tout, je me souvenait même de m'être évanouie, et puis le trou noir. J'entendis un petit cri de peur étouffé. Le batteur du groupe s'approchait de moi, dissimulant sa peur. Il avait été surement éffrayé par mon réveil brutal ! Il tenait dans ses mains un bol en céramique qui glissa entre mes mains gelées. « Je m'appelle Gustav » me précisa-t-il. Je ne pu m'empêcher de rire, affectueusement.
« _ Je ne suis pas une de ces groupies qui ne connait que le nom des jumeaux, tu sais, lui dis-je. Gustav Wolfgang Schäfer, né à Magdeburg, 8 septembre 1988, soeur Franziska Schäfer, Metallica, Foo Fighters, Slipknot, System of a Down, Nickelback, joue du Marshal, Audi noire d'immatriculation..»
« _ Oula, oula, doucement ! Hé, je ne devrais peut être pas laisser ma biographie entre les mains de la secrétaire, il ne faudrait pas que des fans m'inventent un casier judiciaire, avec un dossier aussi complet ! .»
dit-il le plus simplement du monde, sourire à l'appui. Après une pause, il s'assit à côté de moi, me pria de boire ce que j'avais entre les mains, et qui par ailleurs n'était pas la meilleure tisane que j'ai bue dans ma vie. Ne le sachant pas très bavard, je détournai à présent la conversation et lui exposai la situation :
« _ Tu sais, je n'ai pas choisi de venir ici, enfin c'était plutôt précipité comme décision, disons que Bill ne m'a pas laissé le choix, il m'a entrainé là, je ne vous veux pas de mal, je .. »
« _ Tu crois vraiment que tu nous gène ? On a enfin une occupation nocturne officielle, on va pouvoir comparer nos performances, avec les gars..» Me voyant écarquiller de grands yeux bleus, il s'esclaffa d'un rire que je n'avais plus entendu depuis Devilish, et il ajouta : « Mais nan, je plaisante, on est pas le genre à profiter d'une nana, surtout tous les quatre sur la même, comme ça. Je plaisantais, pour voir si tu étais là pour ça ou si tu en pince vraiment pour Bill, m'assura-t-il. Tu sais, on est tous content de voir qu'il rammene une fille, on le pensait gay, jusqu'ici.»
« _ Euuh..., bafouillai-je. Je ne crois pas être là pour ça, en fait. Je n'aurai jamais pensé avoir une relation, qu'elle qu'en soit la forme, avec lui. Tu sais ce que ça veut dire , "J'ai besoin de toi" ?» En fait, peut être que Gustav disait vrai. Peut être que j'étais là pour assouvir les besoins d'un androgyne un peu saoul. Après tout, il n'avait qu'à claquer des doigts et des milliers de nanas étaient prêtes à se glisser sous ses draps. Mais je n'en faisais pas partie, pas de chance, Billou ! Gustav m'interrompit dans ma réflexion :
« _ Ben , ça dépend celui qui prononce ça ! Dans le langage de Tom, c'est purement sexuel, dans celui du Hobbit, c'est pour abuser de ta gentillesse, dans celui de Bill.. ben c'est complexe. Il est sincère, il pèse chacun de ses mots, tu peux lui faire confiance. Finallement, il ne t'ammene peut être pas ici pour une partie de plaisir.. Confirmation, il est gay
« _ Ouf, entre nous, j'suis pas trop chaude pour une "partie de plaisir" avec votre "gay". On verra bien ! Bon, tu me dis où sont les toillettes s'il te plait ? Hu. Rappelle-toi que je suis une fille. (...) Ah, et au fait, pas besoin de groupies en délire pour ajouter quelque chose à ton casier judiciaire, je crois que tes précédents soucis de contrôle sur une voie de tramway se sont chargé de cela pour elles.. » dis-je, souhaitant installer une bonne relation amicale entre nous. Gustav, je l'aimai bien, dans le groupe. En fait, il aurait pu être mon meilleur ami, dans une autre vie.

# Posté le samedi 03 janvier 2009 06:25

{ Drittens ; Rève, réalité ou fantasme ?

{ Drittens ;     Rève, réalité ou fantasme ?
J'étais dans le seul lieu du monde ou je n'aurai jamais imaginé pouvoir être un jour. Sauf peut être le caleçon de David Jost, si ça compte parmi les lieux inimaginés. Le Tour Bus, il fallait quand même le faire. Au creux de moi, et parce qu'une voix envoyée par ma conscience s'efforcait à me l'indiquer, je savais que tout était réel. Poutant, ce que je vivais en ce moment, et je ne sais pour combien de temps encore, avait tout l'air d'appartenir à un rêve. D'ailleurs, j'avais déjà rêvé avoir attérie dans le coffre de la Cadillac de Tom, ce qui était à peu de chose près comparable ! Je ne sais même pas si j'avais souhaité me retrouver là, dans ce bus, et ne me souvint même plus pourquoi j'avais accepté l'expérience. Mais qui suis-je donc pour mériter cela ?

Douchée, les cheveux tirés en queue de cheval, mes dents brossées et emmitoufflée dans un peignoir un peu grand, je devais à présent rejoindre le canapé sur lequel je m'étais éveillée, une heure plus tôt. Selon Gustav, il valait bien que je dorme ici ce soir et que je passe la journée du lendemain pour récupérer. Il viendrait de temps en temps vérifier ma blessure et m'apporter de quoi manger. J'avais très mal à la tête, et malgré le shampoing mon carré plongeant châtain sentait le sang sêché. Je m'étais ouverte sur le crâne, tout près de l'oreille gauche. De temps à autres, quelques picottements désagréables me lancaient dans la nuque, mais rien de très important à signaler. D'ici une semaine, on ne verrait qu'une cicatrice, selon mes diagnostics personnels. J'étais donc dans cette pièce, bien plus petite que ma chambre, qui était composée d'un canapé couleur sable, d'une petite télévision et d'une table sur laquelle se trouvait un bouquet de fleurs fânées. Il y avait une armoire, qui m'avait l'air bien mystérieuse. Du moins, c'est ce dont j'essayais de me persuader, laissant aller mon imagination jusqu'aux limites du réel. Je souhaitais repousser l'instant où j'allais l'ouvrir le plus loin possible, pour tester mes limites et ma réaction à cet isolement soudain. Peut être contenait-elle des dossiers importants sur les garçons ? Peut être était-elle pleine à craquer de casquettes de Tom ? Où peut être que Georg y laissait ses souvenirs d'enfance ? Je ne pu résister que deux heures, et me leva du canapé pour saisir la poignée de la fameuse armoire. Vide. En fait, je m'y attendais. Je m'assis dedans, histoire de changer d'endroit et de point de vue sur la pièce. D'ici, elle paraissait plus grande, même plutôt large. Plein de questions défilèrent dans ma tête : Me voulait-on du mal ? L'hypothèse était fondée, et cela aurait été envisageable. Après tout, j'étais dans une pièce sans fenêtre, sans ouverture sur le monde extérieur, sans moyen de communication avec un autre humain. Gustav m'avait même défendu de sortir de la pièce. Après tout, j'étais une proie facile, j'étais seule au moment de mon rapt, j'étais désorientée, frigorifiée et faible. En plus, je n'étais peut être pas tombée par hasard, dans les escaliers du bus. On m'avait peut être poussée, puis endormie par sédatif, dans le but de rendre la tâche plus facile. Et peut être que mes ravisseurs n'étaient pas le groupe, peut être que j'avais affaire à une bande organisée qui mobilisait des sosies, peut être que...

Je me réveillais, 4h plus tard, j'étais complètement mouillée. J'avais transpiré, sûrement fait un cauchemar, dont je ne me souvenais même pas. Je voyais un peu flou, mais ressaisi vite mes esprits. Je poussai un cri de frayeur, aperçevant Gustav sur le canapé, plongé dans la lecture d'un magazine dont je n'apercevais pas le titre. Effrayé par mon cri, Gustav poussa un rire que je ne lui connaissais pas , et s'exclamma :
« Il faudrait quand même qu'on arrête de s'effrayer tour à tour, tous les deux. On va pas finir la semaine, à ce rythme là ! » Je lui esquissai un sourire, et me levai tant bien que mal. Je m'assis à côté de lui, jetant un oeil au-dessus de son épaule pour entrevoir l'article qu'il s'appliquait à lire.
« Mon horoscope 2009. » dit-il sans quitter le texte des yeux. Et tandis que je le dévisageai (supposant qu'il avait un oeil derrière la tête et avait deviné mon expression), il me glissa : « D'habitude, je lis des trucs un peu plus intelectuels, je te rassure ! Euh, tu.. ne crois pas que le canapé aurait été plus confortable ? »
« _ Disons que je suis un vampire, et qu'à défaut de cerceuil, l'armoire était assez sombre pour servir de substitut. »
« _ Hé, on avait dit plus de frayeurs ! On va pas marcher, si tu ne respectes pas le contrat ! , plaisanta-t-il , Heum, au fait, je ne connais même pas ton nom
« _ Appelle - moi Lou. »
« _ C'est un diminutif ? Je n'ai jamais entendu ce prénom . »
« _ Je n'aime pas mon prénom, je ne te le dirai pas ! Tout le monde m'appelle ainsi. Lou, c'est plus international. Mon prénom est français. »
« _ D'où cet accent ! Tu es française ? Et tu as quel âge, au fait ? »
« _ Oui, mais de mère allemande. Ca facillite nos échanges, d'ailleurs. J'ai 17 ans, 18 en mai. Autant te dire que je vis encore chez mes... MES PARENTS ! Ils ne sont pas au courant que je suis ici... Mon dieu. Ils me croient chez ma cousine. »
En un geste, je pris mon pantalon en main et cherchait mon portable dans la poche arrière. Vite, un sms. Destiné à Victoria. "Vickie, j'ai dit à mes parents que je dormai chez toi cette nuit et demain soir, couvre moi s'il te plait. Je suis chez Matth. Merci, t'es une soeur". Matthieu, c'est mon copain. Il n'est pas rare que je dorme chez lui, et Victoria me couvrait à chaque fois. De ce côté-ci, elle est super. Et ma mère a toujours confiance.
En deux minutes à peine, j'avais une réponse. Tout rentrait dans l'ordre. Enfin, du moins, pour les deux jours à venir. Si j'étais encore en vie, et dans ce tour bus passé ce délai, les explications se compliqueraient. Je poussai un soupir de soulagement suffisamment audible, et le batteur enchaina :
« _ Bon, eh bien si tout est rentré dans l'ordre, Lou, c'est parfait. Aujourd'hui, on a une séance de dédicasse en Belgique, mais c'est en fin d'après midi, donc tu as le temps de te reposer, encore
« _ Je ne suis pas fatiguée. J'ai froid. Je peux prendre une autre douche
« _ Je t'en prie, tu connais le chemin. »

Non, je n'étais pas séquestrée. On ne laisse pas la victime se ballader toute seule dans le lieu d'isolation. La salle de bain que j'avais utilisée la veille était accessible en passant par la cuisine du groupe. La première fois, elle était vide. La seconde fois aussi, d'ailleurs. Persuadée que les gars dormaient encore à une heure si matinale (8h30 tout de même) et sachant Gustav lève-tôt, j'entrai dans la salle de bain comme si cela fut la routine. De la buée sur les parois de la douche témoignait d'un passage datant d'il y a peu. J'entendais de l'eau gouter sur le carrelage. A ma grande surprise, la deuxième porte de la salle de bain s'ouvrit, et mon regard fut captivé par cet individu enveloppé en serviette, présentant un torse parfait, encore mouillé. Rabbattues en arrière, les dreads de cet individu étaient encore dégoulinantes. Je croisais son regard. Comme pour m'en convaincre, je lançait un faible « Tom ? », ahurie, m'appuyant au radiateur derrière moi pour ne pas fléchir.
C'était incroyable. Cela depassait tous mes fantasmes.

# Posté le dimanche 04 janvier 2009 15:01

Modifié le dimanche 04 janvier 2009 15:27